L’Effet GPS : L’IA au volant
Quand l’outil ne se contente pas de donner l’objectif, mais impose le chemin pour y arriver. C’est le retour du Taylorisme, version numérique.
🎭 Scène : “Je sais mieux que la machine, mais…”
“J’ai un client furieux au téléphone. Je connais son dossier par cœur, je sais qu’il faut lui faire un remboursement immédiat pour le garder.”
ACTION REFUSÉE. Score client insuffisant (45/100). Procédure obligatoire : Proposer un bon d’achat de 5€ et clore le dossier.
“Si je fais ça, il part à la concurrence ! Mais le bouton ‘Remboursement’ est grisé. Je suis coincé. Je dois appliquer une décision stupide.”
“Les scripts de l’IA garantissent la qualité et l’égalité de traitement. C’est un ‘GPS’ qui guide le salarié vers l’excellence.”
Un GPS qui vous interdit de prendre un raccourci que vous connaissez est une prison. Cette “scripturisation” du travail tue l’initiative et transforme l’expert en robot exécutant.
📉 Comment l’IA réduit le métier
Analyse ergonomique
L’IA impose la phrase à dire, le chemin de tournée à suivre, ou la méthode de calcul. Le salarié ne peut plus utiliser ses “trucs de métier”.
Impossible de traiter le dossier B avant le A, même si c’est plus logique, car l’algorithme a verrouillé la file d’attente. Flexibilité zéro.
Un débutant qui suit l’IA fait “aussi bien” qu’un senior. Le sentiment de fierté professionnelle et la valeur de l’expérience s’effondrent.
À retenir
Pour rester saine, une IA doit être une aide (suggérer une réponse que je peux modifier) et non une contrainte (imposer une réponse que je ne peux pas changer).
Le CSE doit revendiquer le droit de “débrayer” l’automatisme (Human override) en cas de désaccord avec la machine.