5.1 “Je suis nul face à la machine”
La baisse de l’estime de soi quand l’outil en sait plus que nous.
Fil Rouge : La déprime du comptable
Jean-Marc, comptable chez Natura-Logis depuis 20 ans, est un expert. Il connaissait le plan comptable par cœur. Lundi, lors d’une réunion, il a donné un chiffre de prévision. Le Directeur l’a coupé : “Attends Jean-Marc, Cortex prévoit -12% avec une probabilité de 98%. Ton chiffre me semble optimiste.” Jean-Marc s’est tu. Il est retourné à son bureau, a regardé ses diplômes au mur et s’est dit : “Si un logiciel à 100€ fait mieux que moi, je sers à quoi ?”.
L’estime de soi fragilisée
L’introduction massive de l’IA peut provoquer un sentiment d’incompétence acquis. Ce n’est pas que le salarié ne sait plus faire, c’est qu’on lui renvoie l’image que la machine fait mieux et plus vite.
Ce syndrome de l’imposteur digital se manifeste par :
- Le retrait : Le salarié n’ose plus donner son avis de peur d’être contredit par la Data.
- La sur-vérification : Passer des heures à vérifier si l’IA a raison, par insécurité.
- L’anxiété de performance : La peur constante d’être “démasqué” comme étant le maillon faible.
“La machine a-t-elle toujours raison ?”
“C’est un problème de génération, les jeunes s’adaptent très bien.”
Faux. Les jeunes souffrent aussi. Ils ont peur d’être cantonnés à des rôles d’exécutants et de ne jamais développer de véritable expertise métier, car l’IA fait le “vrai travail” à leur place.
À retenir
Pour lutter contre ce sentiment, il faut valoriser ce que l’IA ne sait pas faire : l’intuition, la gestion de l’imprévu humain, et la relation client émotionnelle.